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Temporada : Séville 2019 : Avril en Mai ! Compte-rendu de Pierre Nabonne
(15/05/2019)
Non, nous n’hallucinons pas ! Depuis sa première édition en 1847, la Feria la plus prestigieuse au-delà des Pyrénées avec celle de Madrid s’appelle bien « Feria de Abril » dans la langue de Cervantès.
Elle avait effectivement débuté le dimanche de Pâques, 21 avril, avec un succès de Manzanares, une oreille après une grande estocade a recibir, avant de se poursuivre le dimanche suivant avec le même résultat pour Rafael Serna et de dérouler ensuite tous ses fastes en continu entre le mercredi 1° mai et le dimanche 12. Et les raisons de s’enthousiasmer allaient se révéler nombreuses à la Plaza de la Real Maestranza.
Dès le jeudi El Juli s’offrait sa sixième sortie par la Porte du Prince après avoir coupé trois oreilles aux toros de sa ganadería préférée, Garcigrande. Après avoir brindé sa première faena au Cordobés (83 ans et toutes ses dents) il avait obtenu un trophée protesté par une partie du public, avant de mettre toute l’assistance d’accord par une domination absolue face au cinquième crédité de la vuelta posthume.
Le lendemain en présence de l’infante Doña Elena, sœur aînée du roi Felipe et devant des arènes combles Andrès Roca Rey s’alignait au paseo avec des ambitions décuplées. Manière de faire encore monter la pression il débutait à genoux devant un Cuvillo très peu piqué pour délivrer une faena tout à la fois vibrante, autoritaire et templée terminée par une énorme estocade. Deux oreilles, unanime pétition du rabo, bronca majuscule au président le refusant pour des raisons que nous ignorons et sortie a hombros par la porte des cuadrillas, le petit Péruvien venait d’obtenir à Séville sa définitive consécration.
Le samedi 4 mai, les Victorino étaient attendus avec l’intérêt qu’ils suscitent partout. Difficiles comme toujours, encastés mais inégaux de tempérament, ils allaient permettre à Emilio de Justo de s’illustrer tout particulièrement avant que l’épée ne vienne gâcher le triomphe qu’il méritait. Manuel Escribano, toujours aussi volontaire, héritait du lot le moins propice au succès mais Antonio Ferrera, excellent lidiador, avait plus de réussite et s’en voyait récompensé par une oreille.
La corrida dominicale voyait l’alternative du prometteur Guillermo de Mendoza (une oreille) par son père Pablo, alors que la nîmoise Léa Vicens méritait une vuelta finale chaleureuse.

En début de seconde semaine, Diego Urdiales et Alvaro Lorenzo frôlèrent un triomphe qui leur échappa avec les aciers, tout comme à Diego Ventura pourtant spectaculaire comme toujours. Cayetano montra une nouvelle fois qu’il n’est pas fils de Paquirri pour rien mais la présidence lui refusa l’oreille qu’il avait très certainement méritée.
Le 9 mai Miguel Angel Perera obtint un trophée alors que le public demandait justement le second et que la vuelta était accordée à son adversaire, de l’élevage de Santiago Domecq.

Mais l’apothéose allait survenir le lendemain lors d’une tarde absolument historique. Toutes les conditions étaient requises avec un lot de toros de Jandilla dont ceux du jeune sévillan Pablo Aguado allaient se révéler de remarquables collaborateurs. Il dessina devant son premier une véritable symphonie toute en douceur, raffinement et délicatesse achevée par une magistrale estocade. La présidence n’hésita pas un instant à sortir les deux mouchoirs en même temps alors que les spectateurs éberlués se frottaient les yeux en se demandant s’ils sortaient à peine d’un songe éveillé ou s’ils avaient vu réellement la faena de la Feria et sûrement de beaucoup d’autres.
Non ils ne rêvaient pas et le jeune homme en état de grâce confirma durant une seconde prestation presque aussi harmonieuse, en totale osmose avec ce public sévillan qui venait de le découvrir, l’inoubliable impression qu’il avait laissée face à son premier opposant. Le palco se laissait lui aussi gagner par l’euphorie ambiante et accordait à nouveau deux oreilles au nouveau héros des lieux. Bien évidemment l’autre chéri de Séville, José Antonio Morante de la Puebla, avait certainement eu un peu de mal à ronger son frein et il entamait sa seconde faena pied au plancher, genoux au sol avant de délivrer plusieurs séries méritoires clôturées par une bonne estocade qui lui valait fort justement une oreille bien méritée. Mais il n’allait pas en rester là, jaillissant encore pour un quite d’anthologie devant le dernier toro, cape joliment déployée dans le dos comme le papillon ouvrant ses ailes. Il paraît que c’était l’une des spécialités du grand Joselito « El Gallo » dans les années vingt, et pour notre part nous en redemandons ! Depuis le début les yeux de Roca Rey lançaient des éclairs et il traversa toute la piste pour s’en aller recevoir son adversaire, agenouillé face au toril. Le toro lui bondit littéralement dessus et Andrès écarta le danger par un plongeon que n’aurait pas renié le gardien du Nîmes Olympique. Qu’à cela ne tienne, il poursuivit son récital, toujours à genoux, par toute une série de six largas cambiadas et faroles enchaînés ! Sa faena très engagée lui valut une sérieuse voltereta mais « no pasa nada » et il continua avec la même détermination pour occire son ennemi et ajouter un nouveau trophée, crédit intact, à un palmarès déjà très éloquent à 22 ans à peine. Il ne restait plus qu’à ouvrir la mythique Porte du Prince et laisser place à Pablo Aguado, sacré à son tour idole de Séville. Grâce à lui, à Morante, à Roca Rey et aux Jandilla aussi, le bon peuple sévillan ainsi que nous autres devant nos écrans avions eu droit en ce vendredi 10 mai à près de trois heures d’anthologie.
Il semblait logique que ces moments de magie ne puissent se répéter à tous coups. Effectivement dès le lendemain, le public qui en avait peut-être trop vu ne sembla pas adhérer complètement aux concepts d’Antonio Ferrera et d’Alberto López Simon devant des toros de Fuente Ymbro pourtant reconnus dans leur ensemble comme le lot le plus complet de la Feria. Ce qui permit à David Fandila « El Fandi » de s’illustrer tout particulièrement à la cape et aux banderilles devant le 5° avant de dessiner plusieurs séries de bon aloi et d’en terminer d’une demie-estocade foudroyante qui lui valut une oreille, la dernière de la Feria.
Car le lendemain pour le traditionnel final avec la 79° comparution des Miura à la Real Maestranza, ces toros de légende, imposants, imprévisibles et dangereux comme à l’habitude ne laissèrent guère d’options aux trois téméraires qui se permirent de les affronter. Dont Sébastien Castella lui-même qui, n’ayant pourtant plus rien à prouver, se porta volontaire pour croiser leur regard, un geste qui l’honore et que la plupart des autres grandes figuras se refusent à accomplir. Mais pas notre Biterrois qui, sans pouvoir exprimer tous ses talents, en sortit encore grandi aux yeux de l’afición toute entière. Mais si Pepe Moral ne trouva guère matière à se distinguer, Octavio Chacón démontra une nouvelle fois toute sa vaillance et ses facultés d’excellent lidiador des toros les plus difficiles.

Allez, c’est fini pour Séville mais déjà la San Isidro madrilène s’annonce. Et, dès ce mardi pour l’ouverture de la plus longue Feria du monde taurin, le landais Thomas Dufau a montré ses envies et capacités devant des toros de La Quinta peu propices au succès. Mais nous n’en sommes qu’au tout début, et dès la seconde corrida d’aujourd’hui mercredi Miguel Angel Perera vient d’ouvrir la grande Porte après avoir obtenu les deux oreilles du seul bon Fuente Ymbro de l’après-midi. Décidément cette temporada 2019 s’annonce passionnante et elle sera probablement une année riche en émotions.
Aurons-nous autant de raisons qu’à Séville de nous enthousiasmer ? Nous le souhaitons ardemment, les paris sont ouverts…

Pierre Nabonne, le 15 mai 2019



 
 
 
 
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