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| Temporada : Valencia 2026 : c’est reparti pour une nouvelle saison ! (Pierre Nabonne) |
| (24/03/2026) |
Comme le veut la tradition dans la troisième ville d’Espagne et dans sa région les fameuses Fallas, ces immenses monuments satiriques dressés pour l’occasion, ont été livrées au feu (dit purificateur…) dans la nuit du 19 mars qui célèbre la Saint-Joseph.
Durant toute la durée des festivités Valencia aura vécu au rythme des musiques accompagnant les offrandes florales succédant aux énormes pétarades des mascletas, ces assourdissants feux d’artifices tirés chaque jour à 14 Heures sonnantes qui rassemblent des milliers de spectateurs avides de sensations fortes.Trois heures plus tard aux arènes (classées en 1° catégorie), les toreros s’alignent à la tête de leurs cuadrillas pour emmener le paseo annonçant la corrida du jour. Il fallut toutefois attendre le vendredi 13 pour enregistrer le premier véritable succès, David de Miranda obtenant une oreille d’un toro de La Quinta. Le lendemain le régional de l’étape Samuel Navalón, bien remis des graves blessures subies à Algemesi en septembre dernier, se montra tout à son avantage face à deux bons toros de Victoriano del Rio et il en fut récompensé par deux oreilles bien gagnées, seule l’épée le privant d’un triomphe majeur. A 21 ans à peine, il sera à suivre de près tout au long de sa carrière et il sera d’ailleurs reconnu quelques jours plus tard comme l’auteur de la meilleure faena de la Feria valencienne, dont il sera même sacré triomphateur. Diego Ventura n’a pour sa part plus grand-chose à prouver du haut de ses chevaux. Il connut pourtant quelques difficultés au moment décisif et il dut se contenter de deux trophées, Julio Norte obtiendra le même résultat lors de la novillada piquée du lendemain.
Le 17 mars les toros de Santiago Domecq permirent une corrida intéressante. Miguel Angel Perera et Victor Hernandez repartirent pourtant à vide mais le lauréat du jour fut celui que tout le monde attendait, Marco Pérez. Le garçon sut, à 18 ans et demi seulement pour sa présentation en tant que matador de toros à Valencia, captiver l’assistance à genoux puis debout en plein centre de la piste lors d’une faena primée par une oreille, puis par une autre du sixième toro qui avait beaucoup moins de charge. Le lendemain c’est la présidente, Señora Pilar, qui défraya les chroniques en refusant la Grande Porte (à Valencia un total de deux oreilles suffit) à Tomas Rufo qui s’alignait en mano a mano avec Borja Jiménez, assez anodin en cette occasion. Mais l’ambiance monta nettement avec les deux premières prestations de Tomas Rufo; sa seconde aurait peut-être mérité d’être récompensée et elle l’aurait été dans bien d’autres plazas…Très décidé, il s’avança pour aller défier son troisième adversaire (tous, marqués du fer de Domingo Hernandez) face à la porte du toril; deux largas cambiadas suivirent, précédant des véroniques de belle allure. Muleta en main, de loin comme de près il enchaîna de superbes séries des deux mains avant d’en terminer par une estocade concluante. L’assistance demanda majoritairement les deux oreilles mais là-haut à son balcon la présidente et ses assesseurs firent la sourde oreille et Tomas Rufo, les larmes aux yeux, dut se contenter d’une seule qu’il balança aussitôt rageusement au sol. En guise de compensation, le bon public valencien lui demanda trois vueltas al ruedo fêtées comme il se devait avant de se retourner bruyamment vers le palco. Et on en arriva ainsi mais plus calmement au final du 19 mars, avec des toros de Nuñez del Cuvillo qui n’inspirèrent que modérément Alejandro Talavante et Juan Ortega, auteur tout de même d’un quite très sévillan. Mais ce fut beaucoup mieux avec Emilio de Justo, à peine remis d’une blessure aux côtes récoltée à Olivenza. Auteur de deux prestations engagées et pleines d’autorité, il en fut récompensé (la présidence n’étant pas celle de la veille...) par une vuelta, puis par une oreille du dernier toro de la Feria, l’épée trop basse le privant de la seconde.
Voilà, c’était fini et il ne restait plus qu’à attendre avec une certaine nostalgie l’embrasement des Fallas. Heureusement, la saison ne fait que commencer ! Pierre Nabonne.
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